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« Ce sentiment précieux d'appartenir à la communauté de Galatasaray »

par: Ali Sami Yen
Traduit par: Mahmut DEGER
"J’avais d’abord indiqué mon désir de constituer un club de football à mon meilleur ami Emin Bülent. Il était plus âgé que moi et avait déjà quitté l’école avec son diplôme en poche. Comme moi j’étais toujours en internat, nous pouvions seulement nous voir pendant les vacances d’été.

Pour constituer notre formation, j’ai travaillé étroitement avec Asim Tevfik qui a habilement cumulé plusieurs responsabilités. Nous avons déployé beaucoup d’efforts. Nous avons peu à peu élargi notre réseau et avons finalement réussi à créer notre club. Notre rêve devenait ainsi réalité.

Nous avons décidé d’inscrire les membres du club sur un registre. Asim Tevfik s’est incrit comme numéro 2 et Emin Bülent comme numéro 3. Les années se sont écoulées. Des malentendus et, parfois, des luttes intestines ont traversé le club. Emin Bülent se montrait de plus en plus frustré par ces affaires internes. Au point de détester le football et les joueurs de football. Quand je repense à ces jours, je crois que la seule raison qui a fait que nous sommes tout de même restés en contact, c’est que nous étions liés l’un à l’autre par une amitié profonde et indéfectible.

Les années se succédèrent.

Ce jour-là, je n’oublierai jamais. C’était un jour lourd et sombre. Emin Bülent était malade, cloué dans son lit. Il vivait ses dernières heures dans sa maison de Göztepe. Quand je suis allé lui rendre visite, Sayin, son épouse, m’a demandé de me préparer mentalement avant d’entrer dans la chambre d’Emin pour qu’il ne s’aperçoive pas sur mon visage que je savais que ses jours étaient comptés. Emin combattait durement la maladie pour rester en vie. Il était physiquement abattu. Il m’a fait signe avec sa main pour que j’aille m’asseoir à côté de lui. Il voulait me dire quelque chose qu’il avait gardé en lui pendant longtemps. Il m’a dit que l’équipe n’avait pas été juste avec lui. Il pensait qu’il était dans son droit de revendiquer le numéro 2 des membres du club. Qu’il s’agissait d’un vœux légitime. Il m’a demandé d’informer tous les membres de l’équipe de son dernier souhait : il voulait être inscrit sur le registre du club à la place du numéro 2. Sinon son âme ne se reposerait pas en paix. C’était son dernier et unique souhait. A la suite de quoi il tourné la tête et rendu son dernier souffle.

J’étais choqué. Emu. J’avais du mal à réaliser. Etait-ce le même type qui, il y a quelques mois, avait refusé de prononcer le nom du club ?

Pour satisfaire le dernier souhait d’Emin, je suis allé voir Asim Tevfik qui occupait la place du numéro 2 sur le registre. Asim appréciait beaucoup Emin, au moins autant que moi. Des problèmes internes au club nous avaient étroitement lié comme trois mousquetaires. Asim aurait donné sa vie pour Emin, mais il n’était pas disposé à renoncer à son rang de numéro 2 sur le registre du club. Confrontée à cette impasse, l’Assemblée générale du Club sportif de Galatasaray a finalement décidé d’honorer ses deux éminents et fidèles fondateurs par le rang de numéro 2 sur le registre, laissant vacante à vie la place de numéro 3..."